Pour expliquer plus en détail comment tout s'est passé, je vais raconter mon histoire .
Peut-être que certains ne sont pas intéréssés,
c'est normal, ma vie n'est pas forcément
d'un grand intérêt mais je suis désolé,
je ne peux pas raconter ce genre de chose d'un ton
froid,
scientifique,
sans émotions.Sa ne collerait pas avec le genre de blog que je veux faire ni avec ce que je ressens ...
Avril 2007 :
Je viens de faire une fausse couche. Il faut dire que depuis qu'on avait fait nos tests HIV, nous n'étions
plus vraiment très sérieux. Le genre à rire devant des articles comme celui que j'ai fait précédemment, le genre
"toute façon, ça n'arrive qu'aux autres !".Et paf, En cloque. Tout s'est passé très très vite, à peine j'ai appris la nouvelle que je perdais l'enfant ou plutôt l'embryon puisqu'on ne peut pas vraiment parler d'enfant si tôt.
Petite déprime mais je n'avais pas vraiment eu le temps de me faire à la nouvelle. J'ai bien vite oublié...
C'était sans compter mon peu d'intelligence et ma stupidité . Et oui, Cruche comme j'ai pu l'être, je me suis dit qu'après une fausse couche, fallait laisser du temps pour que mon corps se "répare", comme si un début de grossesse avait pu le casser !
A vouloir faire son malin, on est toujours perdant ...
Mai 2007
Voilà plusieurs jours que
je ris, que
je pleure, que
je cris et tout ça dans la même minute. Les repas sont un calvaires,
je n'avale pas grand chose, sauf des trucs très gras. Tout me fait vomir, je m'écoeure vite.
Je passe un week end entier avec des mots d'estomac incroyables, à ne plus pouvoir ne serait ce que sentir l'odeur de la nourriture.
Tout me devient insupportable : la fumée de cigarette, les odeurs trop relevés et le pire de tout je me fatigue de plus en plus vite.
Je fais des siestes qui durent des après midi entières, je n'arrive pas à veiller le soir au delà de 10h mais me réveille toujours assez tôt.
Le moindre effort me demande 3 heures de sommeil pour récupérer, je n'en peux plus,
je craque souvent. Je crois que j'ai tellement pleuré cette période que j'aurais pu me déssecher.
Parce qu'au fond de moi je le sentais.
Ces sympthômes, c'est pas moi que ça va tromper.
Et je m'étonne aussi. C'est vrai que j'ai le droit à
tout les clichés de la femme enceinte : De l'envie de fraise à celle des nausées matinales. Du psychologique tout ça ...
Je ne peux pas attendre un bébé, non c'est impossible ! Impensable ! Sa n'arrive que dans les films ce genre de truc ! T'y crois à ça ? Ouai, j'y croyais
COmme une idiote j'y croyais.
Mais le pire vint après.
Mes humeurs .
Mes colères. Sale période pour mon copain qui ne savait plus quoi faire pour me voir sourire.
Je lui menais la vie dure, l'accusant de tout à tort et à travers. Il acceptait sans broncher.
Lui aussi n'était pas si dupe. Mais nous n'en parlions pas vraiment.
En parler s'aurait été comme s'avouer que " c'est possible" et ni l'un ni l'autre n'avions cette envie. On se regardait, il accusait chacun de mes mots jusqu'au moment où je devenais tellement affreuse que même moi je me dégoutais.
A chaque fois je pleurais en me promettant d'arreter, de ne plus lui mener cette vie.
Et chaque jour je recommençais, je ne pouvais pas me calmer. Les hormones y fesaient beaucoup mais avec le recul je pense qu'il y avait une part de peur.
J'avais tellement peur mais je ne savais juste pas l'exprimer ...Mais on s'aimait et ça aide beaucoup. On continuait pourtant de ne rien dire, de faire semblant de ne rien voir.
Mon retard de trois semaines ? Stress des exams, faut que je me calme, c'est que le bac de français
Mes humeurs toujours persistantes ? Le stress aussi pis dans un couple ça peut pas être toujours rose dans un couple !
Mes nausées ? C'est psychologique pis des tas de nanas en ont s'en pour autant attendre un bébé !On a craqué au bout d'un mois, juste après avoir passé mon bac de français. Notre principal excuse n'avait plus lieu dêtre, il fallait bien qu'on finisse par regarder la vérité en face ...
"Mon coeur ?
-Oui ?
- J'ai pas mes règles depuis 3semaines
- Je sais
- Qu'est ce qu'on fait alors ?
- Un test de grossesse sanguin, y'a pas le choix de toute façon, ceux qui sont vendus en pharmacie sont pas assez fiables, tu l'as vu la dernière fois ...
- Je peux pas être enceinte !
- Tu as un retard énorme et ce n'est pas normal, ça ne peut plus être le stress de tes exams ! Il faut vérifier toutes les possibilités"
Je ne réponds pas tout de suite.
Il a raison et je n'ai rien à objecter . Mais je ne peux pas. J'ai jamais eu peur des prises de sang mais là, je le sens,
je pourrais pas.Et comme s'il savait :
"On a pas le choix"
Je murmure que
je vais prendre rendez vous au planning pour la semaine prochaine.
Je ne pense plus. On met un film, je ne me souviens même plus lequel.
Je ne suis pas là, tout simplement.
Mais je suis bien.Avec lui, dans ses bras.Aucune envie de penser à demain ou à un autre jour.
Je crois que je me suis endormie et que j'ai pioncé toute l'aprem.
Son corps chaud, le mien blotti contre. Y'a t-il autre chose qui compte ?Juin 2007Je suis au rendez vous fixé par le planning une semaine plus tôt.
Je suis en avance comme c'est toujours le cas quand je suis nerveuse. Une amie m'accompagne, elle vient se faire prescrire une pilule.
On attend en silence,
je n'arrive pas à parler.A l'heure convenue, on s'avance vers la sage femme qui nous aprend que notre rendez vous est annulé.
Une panique m'envahit.Encore atendre avant de savoir ? Et si je l'étais et qu'il était trop tard pour avorter ?Heureusement un medecin qui vient découter notre discution se propose pour faire
ma prise de sang.Je m'assois rapidement. Mes veines sont introuvables, je fais de l'hypotension . Le medecin reussit enfin à prélever un peu de sang.
Je vois le tube devenir rougeatre sans le moindre émotion. Je suis incapable de réfléchir.Machinalement, je me relève et je sors. Je dois déposer les tubes moi même dans le labo un peu plus loin.
"vous aurez les réusltats demain !"
Moi,
je ne les voudrais jamais. J'hésite à les jeter mais ej sais déjà que je ne le ferais pas.
Arrête de dramatiser ma fille. T'as joué, t'assumes.
Le chemin jusqu'au labo est en fait facile.
Je crois que j'ai plus la notion de rien et ce n'est pas plus mal.
Mon amie m'attend, nous repartons en silence.
Demain, j'aurais ces fichus résultats
Demain, je pars aussi en vacance pour 2 semaines
Demain ...
Ya des jours où la vie vous paraît être un lourd fardeau ...
Je téléphone à mon homme, lui raconte commen ça s'est passé.
Il ne dit rien, il sait déjà, on parle d'autre chose.Je raccroche,
une sensation de vie au fond de moi. Je me sens soudain si seule et pourtant, je sais à quel point il m'épaulera en cas de problèmes !
La soirée passe beaucoup trop vite. Je pense à autre chose.
Je crois que la situation me paraissait tellement iréel que je ne me sentais ni mal ni bien.Je me sentais "rien".